/ mai 20, 2019/ Arts, sciences, sociétés _ Articles, Séminaires

La prochaine séance du séminaire « Penser/Créer en affinités » se déroulera le Lundi 20 mai 2019 et accueillera deux personnalités en affinité : Dominique Chateau et Anatoli Vlassov. Nous nous retrouverons de 16h à 18h, Amphithéâtre 3, au Centre Panthéon – 12, place du Pathéon – 75005 Paris.

Cette conférence sera suivie du vernissage de la Sorbonne Artgallery – LE NOYAU.
Transmutation du signe et du geste

 
D’Eisenstein au Kabuki et de la Phonésie à Godard, le concept de montage entre film et spectacle vivant.
Conférence-performance en duo par Dominique Chateau, Professeur émérite des Universités, Paris I Panthéon-Sorbonne et Anatoli Vlassov, attaché temporaire d’enseignement et de recherche et doctorant à Paris I Panthéon-Sorbonne.
Dans le cadre d’un séminaire Penser/Créer en affinités, organisé par François Noudelmann & Yann Toma.
Lundi 20 mai 2019 de 16h à 18h
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
12, place du Panthéon, 75005 Paris
Amphithéâtre 3

Cette conférence-performance à deux voix propose une analyse selon un double mouvement. D’une part elle étudiera une contribution d’Eisenstein à l’analyse du théâtre kabuki en vue de définir le concept de montage. D’autre part, elle mettra en résonance deux type de montage: cinématographique, pratiqué par Godard dans ses films et phonésique, pratiqué par Anatoli Vlassov lors de ses performances artistiques (technique de la Phonésie : articulation de la danse et de la parole). Entre l’écran et la scène, entre le film et la corporéité, dans ces espaces inter-artistiques, quelle transmutation du signe et du geste, quelle dialectique d’unification et de correspondance se tisse ? Que pouvons nous apprendre sur le montage à partir de ce réseau intermédial ?

Dominique Chateau est Professeur émérite à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il a publié de nombreux ouvrages en esthétique, philosophie de l’art et études cinématographiques, parmi lesquels Eisenstein : l’ancien et le nouveau (Publications de la Sorbonne 2002), Cinéma et philosophie (Nathan, 2003), Esthétique du cinéma (Colin, 2006) et Qu’est-ce qu’un artiste ? (Presses universitaires de Rennes, 2008). Récemment, il a intervenue lors d’un colloque international UNIRIO sur Eisenstein et le kabuki au Brésil (2018).
Anatoli Vlassov est un tenseur. Danseur, chorégraphe, vidéaste et chercheur, aillant une double culture franco-russe, il crée depuis 2003 des nombreux projets protéiformes qui sont programmés dans des festivals internationaux de danse et de cinéma. Récemment, il a publié un Manifeste TENSER (Jannink 2015) et développe aujourd’hui une pratique performative qu’il appelle la PHONÉSIE, une mise en articulation de la danse et de la parole. Il est directeur artistique de la compagnie de danse IDCore, doctorant et ATER à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Penser/Créer en affinités par François Noudelmann & Yann Toma. 

Penser et créer s’exercent en relation. Loin du mythe de la solitude créatrice, le séminaire étudie les circonstances, les accidents et les connexions qui président aux activités intellectuelles et artistiques. S’il propose d’ancrer les œuvres dans leurs contextes, il prend aussi en considération le rôle des rencontres inattendues qui provoquent une déroute créatrice. Les affinités se construisent à partir des différences.
Il était improbable que le surréaliste André Breton croise Aimé Césaire en Martinique, qu’Édouard Glissant se passionne pour Faulkner l’écrivain du Sud esclavagiste, qu’Hannah Arendt admire Martin Heidegger compromis avec le nazisme, qu’Antonin Artaud trouve son inspiration chez les Indiens Taharumaras, que Sartre se veuille la réincarnation de Spinoza et Stendhal… Une nouvelle conception du temps des œuvres s’impose pour comprendre ces affinités entre des êtres de cultures et d’époques hétérogènes. Roland Barthes a ainsi proposé de penser la contemporanéité entre des auteurs comme une expérience de l’inactuel qui permet de fonder une parenté affranchie des générations.

Selon une perspective anti-généalogique, le séminaire s’intéressera aux figures de la rencontre par affinités : les hasards, les constellations, les archipels, les greffes, la mixité. Au-delà des thèses déterministes qui enferment les écrivains et les artistes dans une identité culturelle et raciale, il montrera la fécondité de la déroute, du malentendu, de l’expropriation du soi et de la transformation.

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