Concurrencé par les images contemporaines et leurs écrans multiples, le cinéma demeure au centre d’une réflexion sur l’image, par la place historique et la fonction culturelle qui sont les siennes, par ses relations avec les autres arts et médias et surtout par le fait de ses films eux-mêmes et des expériences sensibles et cognitives qu’ils génèrent chez le spectateur. Ce sont les œuvres, en effet, qui permettent de questionner la condition des images (conditions de création, de réception, de transmission, mais aussi conditions de vie, de survivance, de corrélation, de reproduction, de mutation, d’hybridation et de migration) et de s’interroger sur la pratique, l’action et les régimes d’intensité de ces images, et donc du cinéma dans le monde d’aujourd’hui.

Il serait illusoire de vouloir faire l’économie des formes de l’image, alors même que celle-ci est précisément une forme donnée à notre regard, à notre perception, et à notre vision du monde. Sensible avant tout, l’image peut être étudiée dans sa dimension de représentation ; mais c’est comme cross-over qu’elle apparaît pleinement en tant qu’objet d’attention et de médiation physique aux êtres et aux choses.

Penser les images cinématographiques dans le monde pluri et transmédial du XXIe siècle, où le cinéma, s’il n’a plus le monopole des images en mouvement, non seulement reste le dépositaire d’une culture visuelle commune, mais continue à être, comme il l’a été depuis son origine, un puissant agent de transformation des modes de perception. Esquisser une esthétique et poétique des images qui intègre les dernières évolutions des sciences et des techniques et associe à l’approche esthétique une perspective historique, anthropologique et culturelle, tels sont les enjeux qui guideront les recherches autour du thème : « Conditions des images, régimes du sensible ».

Co-responsables de l’axe : Sarah Leperchey – José Moure

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