Les théories contemporaines de l’art comme l’esthétique et la philosophie de l’art sont confrontées à plusieurs défis :

1.  théorique par nombre d’approches intellectuelles innovantes qui tendent à recouvrir leur champ (études visuelles, humanités numériques), ou à l’étendre par de nouvelles relations (géo-esthétique, géopoétique, neuro-esthétique, études culturelles) ;

2.  technologique par le développement généralisé de la numérisation et de la technoscience, qui induit de nouvelles pratiques artistiques comme de nouveaux modes de pensées ;

3.  économique par un néocapitalisme conquérant qui ramène l’art à la culture, elle-même réduite à un consommable relevant des industries culturelles et créatives, et qui, par là même, redéfinit les conditions et finalités de la critique d’art et de la culture de masse. Pour relever ces défis théoriques, moraux et sociétaux, englobant la politique et l’économie, et pour promouvoir ses problématiques et réponses originales, l’esthétique et la philosophie de l’art doivent mener un travail réflexif afin de répondre aux réquisits et contraintes actuels, et refonder leur épistémè comme leurs méthodes. D’où la nécessité de promouvoir une théorie critique, véritable laboratoire de création conceptuelle qui aurait les propriétés suivantes :

– être diversement et concrètement déclinable selon ses objets, ses applications, ses horizons ;

– être résolument contemporaine en renvoyant aux expériences de subjectivités différenciées (les récepteurs des œuvres, les ontologies queer, par ex.) ;

– articuler les plans théorique et pratique, au sens d’applications très concrètes dans le monde de l’art ;

– dialectiser art et cultures par leur complémentarité comme par leurs tensions.

Co-responsables de l’axe : Aline Caillet – Jacinto Lageira

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