Si la plasticité peut être considérée par son étymologie du côté de l’élaboration des formes, on ne peut la réduire à la seule exploration du médium. Au pluriel, plasticités a les propriétés de ce que Bachelard appelait « un spectre notionnel » résultant des mutations dans lesquelles les pratiques contemporaines se sont engagées. Il s’agirait donc d’actualiser en permanence la notion de plasticité à l’aune des extensions de l’art contemporain mais aussi des autres acceptions du mot : de la neurologie à la chirurgie, de la philosophie à la psychanalyse, ou encore en physique des matériaux, si l’on pense à la présence envahissante de nos fameuses matières plastiques.

Du coup, dans les arts comme ailleurs, les plasticités à l’œuvre seraient le signe d’un décloisonnement toujours plus manifeste. Ainsi l’art contemporain peut s’entendre comme l’annexion symbolique par les artistes de n’importe quelle réalité naturelle ou humaine qu’ils augmentent d’un « coefficient d’art ». Cette artialisation du monde et des actes humains s’éloigne fondamentalement de l’expression singulière d’un sujet créateur attribuée à la posture moderne. Il s’agira alors non seulement de comprendre les pratiques traditionnelles (dessin, peinture, volume, estampe), dans un sens élargi, mais aussi le rapport des plasticités avec d’autres modes d’expression, entre paroles et gestes, engagement du corps et usage des technologies numériques, sons et images ; étudier aussi les dispositifs de création entre poïétique et distance critique. Ainsi s’articuleraient quatre directions, espaces, corps, temporalités, sons, qui pourront être interrogées en termes de présence, de présentation et de représentation.

Co-responsables de l’axe : Christophe Viart

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