Arts, sciences, sociétés

Ce thème a pour objectif d’explorer, de reconfigurer et de susciter les interactions entre art, sciences et sociétés. L’art est ici à concevoir dans sa dimension transgressive et disruptive vis-à-vis des formes et des médiums communément référencés. Ces interactions sont à envisager entre protocole artistique et protocole innovant, expérimentations scientifiques, enquêtes de société et collaborations entrepreneuriales. Autant de postures qui ouvrent l’art à de nouveaux processus créatifs au XXIe siècle.

Associant l’art aux sciences humaines, sociales, juridiques autant qu’aux sciences exactes, ce thème ouvre à la question de l’innovation et envisage la recherche artistique et scientifique conjointement. Il peut s’agir de contribuer aux grandes questions de société mais également d’accompagner les mutations sociales, locales et mondiales.

La recherche sur le changement climatique pourra également promouvoir des collaborations entre artistes, chercheurs et scientifiques.

Cette approche transdisciplinaire et transversale permettra de reconfigurer la réalité morcelée par le cloisonnement des savoirs et visera des compétences et des gains cognitifs partagés. Par ailleurs, cette recherche pointera également l’engagement citoyen de l’artiste.

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Cinéma et conditions des images

Concurrencé par les images contemporaines et leurs écrans multiples, le cinéma demeure au centre d’une réflexion sur l’image, par la place historique et la fonction culturelle qui sont les siennes, par ses relations avec les autres arts et médias et surtout par le fait de ses films eux-mêmes et des expériences sensibles et cognitives qu’ils génèrent chez le spectateur. Ce sont les œuvres, en effet, qui permettent de questionner la condition des images (conditions de création, de réception, de transmission, mais aussi conditions de vie, de survivance, de corrélation, de reproduction, de mutation, d’hybridation et de migration) et de s’interroger sur la pratique, l’action et les régimes d’intensité de ces images, et donc du cinéma dans le monde d’aujourd’hui.

Il serait illusoire de vouloir faire l’économie des formes de l’image, alors même que celle-ci est précisément une forme donnée à notre regard, à notre perception, et à notre vision du monde. Sensible avant tout, l’image peut être étudiée dans sa dimension de représentation ; mais c’est comme cross-over qu’elle apparaît pleinement en tant qu’objet d’attention et de médiation physique aux êtres et aux choses.

Penser les images cinématographiques dans le monde pluri et transmédial du XXIe siècle, où le cinéma, s’il n’a plus le monopole des images en mouvement, non seulement reste le dépositaire d’une culture visuelle commune, mais continue à être, comme il l’a été depuis son origine, un puissant agent de transformation des modes de perception. Esquisser une esthétique et poétique des images qui intègre les dernières évolutions des sciences et des techniques et associe à l’approche esthétique une perspective historique, anthropologique et culturelle, tels sont les enjeux qui guideront les recherches autour du thème : « Conditions des images, régimes du sensible ».

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Design – Arts – Médias

Ce thème a pour enjeu de regrouper les recherches sur les techniques et technologies de sorte à les envisager à la fois comme sujet de réflexion et comme occasion de faire travailler les œuvres et dispositifs artistiques, les objets et environnements, les appareillages de manière générale en impliquant des enjeux poétiques. D’une part, il s’agira d’interroger les mutations techniques et technologiques dans le champ des arts, de l’architecture et du design et, l’évolution des techniques s’inscrivant dans le temps, de mener une archéologie des médias apte à repérer les corrélations entre l’état d’une technique à un moment donné et ce qu’en font les artistes et les designers. D’autre part, on questionnera les relations ou les écarts entre tangible et virtuel, espaces numériques et analogiques, sensoriel et conceptuel, perceptions du réel et traductions de ces perceptions. Enfin, on étudiera ce qui pourrait permettre à la culture technique d’intégrer dans sa compréhension propre les questions de forme. Les modalités de visualisation, de réception sensible, de transcription, de formalisation et d’expositions des informations seront concernées en raison de leurs fins aussi bien artistiques que politiques et critiques. Diverses études d’expériences historiques et contemporaines en art et design seront menées afin de préciser les relations qui peuvent s’établir entre les découvertes techniques et les courants de pensée d’un côté, les enjeux à la fois esthétiques et artistiques de l’autre.

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Esthétique et théories critiques de la culture

Les théories contemporaines de l’art comme l’esthétique et la philosophie de l’art sont confrontées à plusieurs défis :

1.  théorique par nombre d’approches intellectuelles innovantes qui tendent à recouvrir leur champ (études visuelles, humanités numériques), ou à l’étendre par de nouvelles relations (géo-esthétique, géopoétique, neuro-esthétique, études culturelles) ;

2.  technologique par le développement généralisé de la numérisation et de la technoscience, qui induit de nouvelles pratiques artistiques comme de nouveaux modes de pensées ;

3.  économique par un néocapitalisme conquérant qui ramène l’art à la culture, elle-même réduite à un consommable relevant des industries culturelles et créatives, et qui, par là même, redéfinit les conditions et finalités de la critique d’art et de la culture de masse. Pour relever ces défis théoriques, moraux et sociétaux, englobant la politique et l’économie, et pour promouvoir ses problématiques et réponses originales, l’esthétique et la philosophie de l’art doivent mener un travail réflexif afin de répondre aux réquisits et contraintes actuels, et refonder leur épistémè comme leurs méthodes. D’où la nécessité de promouvoir une théorie critique, véritable laboratoire de création conceptuelle qui aurait les propriétés suivantes :

– être diversement et concrètement déclinable selon ses objets, ses applications, ses horizons ;

– être résolument contemporaine en renvoyant aux expériences de subjectivités différenciées (les récepteurs des œuvres, les ontologies queer, par ex.) ;

– articuler les plans théorique et pratique, au sens d’applications très concrètes dans le monde de l’art ;

– dialectiser art et cultures par leur complémentarité comme par leurs tensions.

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Plasticité . Espaces, corps, temporalités, sons

Si la plasticité peut être considérée par son étymologie du côté de l’élaboration des formes, on ne peut la réduire à la seule exploration du médium. Au pluriel, plasticités a les propriétés de ce que Bachelard appelait « un spectre notionnel » résultant des mutations dans lesquelles les pratiques contemporaines se sont engagées. Il s’agirait donc d’actualiser en permanence la notion de plasticité à l’aune des extensions de l’art contemporain mais aussi des autres acceptions du mot : de la neurologie à la chirurgie, de la philosophie à la psychanalyse, ou encore en physique des matériaux, si l’on pense à la présence envahissante de nos fameuses matières plastiques.

Du coup, dans les arts comme ailleurs, les plasticités à l’œuvre seraient le signe d’un décloisonnement toujours plus manifeste. Ainsi l’art contemporain peut s’entendre comme l’annexion symbolique par les artistes de n’importe quelle réalité naturelle ou humaine qu’ils augmentent d’un « coefficient d’art ». Cette artialisation du monde et des actes humains s’éloigne fondamentalement de l’expression singulière d’un sujet créateur attribuée à la posture moderne. Il s’agira alors non seulement de comprendre les pratiques traditionnelles (dessin, peinture, volume, estampe), dans un sens élargi, mais aussi le rapport des plasticités avec d’autres modes d’expression, entre paroles et gestes, engagement du corps et usage des technologies numériques, sons et images ; étudier aussi les dispositifs de création entre poïétique et distance critique. Ainsi s’articuleraient quatre directions, espaces, corps, temporalités, sons, qui pourront être interrogées en termes de présence, de présentation et de représentation.

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