Penser/Créer en Affinités 11 : Lawrence Kritzman – Affinités entre Montaigne et La Boétie

19-04-2019 par Lara morise

Notre prochaine séance accueillera Lawrence D. Kritzman, aujourd’hui lundi 8 avril à 16h, à la Sorbonne (14 rue Cujas), salle D632, pour une conférence intitulée :
« Montaigne et La Boétie: les affinités paradoxales« 
Lawrence D. Kritzman est Pat and John Rosenwald Research Professor in the Arts and Sciences à Dartmouth. Il est un des meilleurs connaisseurs de l’œuvre de Montaigne à propos duquel il a écrit plusieurs ouvrages dont Destruction/Découverte: le fonctionnement de la rhétorique dans les Essais de Montaigne et The Fabulous Imagination: On Montaigne’s Essays. Il est aussi spécialiste de la pensée française des XXe et XXIe siècles, et notamment l’éditeur de l’ouvrage de référence Columbia History of Twentieth-Century French Thought. 
« Dans l’essai de Montaigne, De l’amitié, l’essayiste efface la présentation de l’oeuvre de La Boétie (La Servitude Volontaire). Le tombeau érigé expressément pour La Boétie à l’intérieur de cet essai se transforme en tombeau de l’art poétique de Montaigne, en métaphore scripturale de l’amitié. »
Pour apprécier d’autant mieux cette conférence, nous vous recommandons de (re)lire l’essai de Montaigne sur l’amitié (I, 28).

Penser/Créer en affinités 

Penser et créer s’exercent en relation. Loin du mythe de la solitude créatrice, le séminaire étudie les circonstances, les accidents et les connexions qui président aux activités intellectuelles et artistiques. S’il propose d’ancrer les œuvres dans leurs contextes, il prend aussi en considération le rôle des rencontres inattendues qui provoquent une déroute créatrice. Les affinités se construisent à partir des différences.
Il était improbable que le surréaliste André Breton croise Aimé Césaire en Martinique, qu’Édouard Glissant se passionne pour Faulkner l’écrivain du Sud esclavagiste, qu’Hannah Arendt admire Martin Heidegger compromis avec le nazisme, qu’Antonin Artaud trouve son inspiration chez les Indiens Taharumaras, que Sartre se veuille la réincarnation de Spinoza et Stendhal… Une nouvelle conception du temps des œuvres s’impose pour comprendre ces affinités entre des êtres de cultures et d’époques hétérogènes. Roland Barthes a ainsi proposé de penser la contemporanéité entre des auteurs comme une expérience de l’inactuel qui permet de fonder une parenté affranchie des générations.
Selon une perspective anti-généalogique, le séminaire s’intéressera aux figures de la rencontre par affinités : les hasards, les constellations, les archipels, les greffes, la mixité. Au-delà des thèses déterministes qui enferment les écrivains et les artistes dans une identité culturelle et raciale, il montrera la fécondité de la déroute, du malentendu, de l’expropriation du soi et de la transformation.

Lien Facebook : https://www.facebook.com/events/2343620509218415/

PROGRAMME

8 avril : Lawrence Kritzman (Affinités entre Montaigne et La Boétie) – Sorbonne D632
15 avril : Dominique Chateau et Anatoli Vlassov en affinités (Affinités d’Eisenstein au Kabuki et de la phonésie à Godard) – Sorbonne D632